Ecole de théâtre Serge Martin

Parabole sur le conditionnement et la peur de l’inconnu.

Gare à la mise en sommeil !


 

Le principe de précaution, c’est de prévoir avant expérience donc de limiter celle-ci, de la réduire, et peut-être dans certains cas de l’annuler. La prévention nous assure de moins vivre. Tous à la même enseigne, elle diminue les différences avec les mêmes précautions qui nous empêchent de faire l’expérience de la vie.

Bien sûr, nous vivons sous la menace de maladies, d’accidents, de conflits, de pertes, qui sont des déséquilibres quelquefois très douloureux, et il est compréhensible qu’une société s’organise pour éviter ces douleurs. Mais éviter de souffrir peut entrainer une somnolence de la vie. Une vie sous tranquillisants est-elle vraiment souhaitée ?

Le principe de précaution, c’est le triomphe de la prudence, de la sécurité où apparaissent le manque d’initiative et le besoin inextinguible de l’autre. Le risque de voir nos propres sens devenir des censeurs, de ranger notre esprit, nous entraine vers la perte du sens de nous-mêmes. Et pas seulement le sens, bien sûr… C’est une tentation d’oubli permanente. La mémoire défectueuse fait son œuvre. Tout comme les essais d’intoxication volontaire.

En sommes-nous à une démocratie, phase terminale ?

 

Aujourd’hui, nous avons peur de tout et nous cherchons des alternatives à la désespérance, au repli, à la défiance, à l’exclusion. Où en sommes-nous ? Que désirons-nous ? La justice ? Une égalité des chances ? Venir en aide à ceux qui n’ont pas de pouvoir, de moyens ?

Si nous appartenons à la catégorie des chanceux, si nous ne subissons pas l’injustice, trop d’inégalités, si sans avoir de pouvoir nous ne manquons pas de moyens, alors ce que nous désirons pour nous-mêmes, c’est vivre le plus pleinement possible et quelquefois nous dépasser.

Socialement, nous voulons la paix, c’est-à-dire la sécurité et à partir de là, pouvoir en jouir. Mais ce qui nous guette derrière le calme et le bien être peut s’avérer un véritable endormissement à l’encontre de nos désirs.

 

Dans ce sens, le Principe de Précaution nous piège. Accommoder nos vies, tenir nos apparences, maquiller nos faiblesses et nos peurs, rechercher la tranquillité, tout cela nous rend impuissant à la longue, jusqu’à l’aphasie.

 

Nous sommes des complices de la scène,

cet « espace monde » où tout est encore possible !

 


Comment nous avons partagé le « Principe de précaution » :

Un théâtre en continu

14, 15 et 16 juin 2016

Théâtre du Grütli

entrée à 19h, à 20h30 et à 22h, au choix


« Le Principe de Précaution »

 

  • « Naufrageurs »

mise en scène d’Yvan Rihs

deuxième année

 

Quelques tentations d’oubli, l’amnésie galopante

et les rebelles à ce naufrage, leur rage à vouloir clamer leur différence

 

  • « Cheval de Troie »

mise en scène de Serge Martin

Laurent Annoni, Alexandra Diaz Marcos, Léa Pohlhammer,

Stéphanie Schneider, Antonio Troilo

et la deuxième année

 

Siège d’un immeuble occupé par des « indésirables » :

immigrés, clandestins, homosexuels.

Grève de la faim, intervention des Unités d’Urgence et ruse d’Ulysse

 

  • « L’enfer nous appartient »

mise en scène de Camille Giacobino

troisième année

 

La nuit œuvre, le football triomphe, les morts s’inquiètent.

Tous témoins, tous dans le même bain, le coma nous guette !